Vulnérabilité : Et si on laissait tomber notre armure relationnelle ?

Vulnérabilité : Et si on laissait tomber notre armure relationnelle ?

Qu’est ce que la vulnérabilité et qu’est-ce que l’armure relationnelle ?

Vulnérabilité : De quoi parlons-nous au juste ?

Il existe un énorme amalgame autour de la vulnérabilité dans la vie professionnelle notamment.

Dans les entreprises, nous utilisons ce terme au quotidien pour faire référence aux failles de sécurité dans les organisations,  processus, ressources,  compétences… et notre seul objectif est de réduire les vulnérabilités à néant. Ayant commencé ma vie professionnelle dans le “contrôle interne”, réussir à identifier les failles pour mettre en place des contrôles qui permettent de “se sécuriser” était le fondement même de mon travail.

Cette conception de la vulnérabilité est une approche saine de la situation : Si vous devez traverser un champ de mines, vous allez tout faire pour découvrir leurs emplacements avant de vous mettre en chemin (sauf si vous êtes suicidaire bien-sûr mais là c’est un autre débat…). En effet, le moindre pas de travers vous mettrait en danger de mort (ou au mieux d’amputation). Dans des cas comme celui-ci, les vulnérabilités – ces zones de risques qui vous mettent en danger – appellent la mise en place de mesures d’autoprotection pour se prémunir d’un danger imminent.

Jusque là, tout va bien mais ….

La vulnérabilité psychologique et son danger : l'armure relationnelle

Académie de l'Audace - Vulnérabilité

Ce qui commence à sentir le sapin, c’est que nous gérons notre vulnérabilité psychologique de la même façon : En nous cachant derrière une armure, que nous bâtissons sur-mesure depuis notre enfance et que nous revêtons dès que nous nous sentons en insécurité.

Et c’est ce sujet fondamental, celui de notre capacité à accueillir notre vulnérabilité qui va donner la coloration de nos relations avec les autres (et avec nous-même… l’un ne va pas sans l’autre, dans un sens… comme dans un autre).

Car la vulnérabilité est une émotion – très – difficile à vivre. Nous l’expérimentons quand nous sommes dans l’incertitude, face à l’inconnu, quand nous prenons un risque ou quand nous nous exposons émotionnellement. En fait, elle se présente quand nous ne pouvons pas contrôler l’issue de la situation que nous vivons. Cette émotion est tellement insupportable que lorsqu’elle émerge, nous nous sentons “nu” et notre réaction première – en bons pudiques que nous sommes – est (trop souvent) de vouloir nous habiller. Sauf qu’en guise de vêtement seyant, nous sortons l’artillerie lourde : l’armure, le casque à pointes et le bouclier, (ceinture-bretelle comme dirait l’autre)

L'illusion de l'armure relationnelle

Bien au chaud dans notre petite forteresse, nous pensons que cet attirail nous permettra de contrôler ce qui va nous arriver.  D’être à l’abri des coups de la vie, de la souffrance qu’ils impliquent, mais (il y a forcément un mais…) ça ne marche pas vraiment, n’est-ce pas ?

Parce que pendant nous pensons être en sécurité, nous portons des dommages considérables à nos relations professionnelles et personnelles. Parce que quand nous revêtons notre armure, nous nous comportons en animal blessé, qui ne pense qu’à sa survie : notre seule préoccupation est de nous mettre à l’abri, peu importe ce qu’il en coûte, et notre créativité est sans limites.

Accepter sa vulnérabilité, c'est déjà regarder en face les conséquences de l'armure relationnelle

Notre armure est unique, faite sur-mesure. Elle peut prendre de multiples formes : des plus évidentes aux plus discrètes qui vous offrent toutes ce que vous recherchez : ne plus ressentir votre inconfort – en utilisant principalement la fuite ou l’attaque.

Pour la majorité d’entre nous, quand nous sentons monter les prémices d’une émotion inconfortable, notre première réponse à cette vulnérabilité naissante n’est pas d’embrasser cet inconfort et de ressentir pleinement ce qui arrive. Nous voulons simplement y échapper. Ce n’est pas plus compliqué que ça !

Et pour remplir cet objectif, nous devenons prêt.e à tout. Nous allons chercher par tous les moyens à nous “décharger” de cette émotion si inconfortable sur quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre.

Voici quelques exemples de réactions qui peuvent indiquer que vous êtes en train de revêtir votre armure :

  1. Critiquer, être sur la défensive
  2. Vouloir tout contrôler ; être pointilleux, tatillon
  3. Se fermer comme une huitre
  4. Être méprisant
  5. Se mettre aux abonnés absents
  6. Manipuler l’autre
  7. Attaquer l’autre pour l’humilier et le diminuer, que ce soit en montant le volume ou en devenant cynique.
  8. Insulter, hurler sur la personne, avoir envie de lui dire des choses méchantes
  9. Dénigrer la personne dans son dos, se plaindre, s’en plaindre à d’autres personnes
  10. S’en prendre à une personne qui n’a absolument rien fait ou réagir de façon totalement démesurée (spéciale dédicace à vos enfants ou votre partenaire qui ont, un jour, dû se prendre une salve digne de ce nom sans aucune raison)
  11. Avoir des envies de meurtre (“Je vais le tuer!“)

Et il y a des réactions d’un autre genre, celles qui anesthésient nos émotions :

  1. Se réfugier dans la nourriture, l’alcool, le tabac, la drogue, le sexe
  2. Faire une séance de sport éreintante, aller se défouler jusqu’à l’épuisement
  3. Aller dépenser de l’argent
  4. Aller draguer dans un bar (sauf depuis 1 an…)

Elever notre seuil de vulnérabilité et déposer notre armure relationnelle

S’il n’y avait qu’une chose à retenir :

QUAND NOUS REVÊTONS NOTRE ARMURE, NOUS NOUS FERMONS A L’AUTRE

Car seule ce que nous pensons être notre survie a de l’importance sauf que… notre vie n’est absolument pas menacée…! Et à défaut d’apprendre à apprivoiser notre vulnérabilité, nous passons notre vie à nous camoufler, à aboyer ou à prendre la fuite.

Si c’était simple, cela se saurait. Les choses de la vie qui valent la peine semblent ne jamais être simples. Et c’est probablement ce qui leur donne toute leur valeur. Qui se souvient d’une victoire trop rapidement et facilement acquise ?

Ainsi apprendre à reconnaître ses émotions, les nommer et les maîtriser est le chemin d’une vie. Surtout quand celui-ci commence à l’âge adulte après nous avoir bien abîmé en cours de route…

Prendre conscience de nos stratégies d’évitement est fondamental. Sortir du déni, prendre la responsabilité des dommages que nous causons aux personnes qui nous entourent et à nous-même quand nous revêtons notre belle armure. C’est le premier pas.

Nul n’attend de vous que vous régliez le sujet en un claquement de doigt.

Devenir conscient de soi-même, apprendre à accepter sa faillibilité, son imperfection, ses faiblesses est un très beau cadeau que l’on peut faire au monde.

Ensuite, apprendre à communiquer avec les autres de façon comme on dit ASSERTIVE et nouer peu à peu des relations saines et équilibrées où siège de façon inconditionnelle le respect, de soi et des autres.

Déposons les armes et embrassons notre humanité.

La publication a un commentaire

  1. pons

    Quand les mots sont justes… le chemin s’ouvre. Super article.

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