Êtes-vous aligné(e) sur vos valeurs fondamentales ?

Êtes-vous aligné(e) sur vos valeurs fondamentales ?

Cela fait quelques temps que je suis une adepte de cette phrase de Gandhi “Le bonheur vous appartient quand ce que vous pensez, ce que vous dites et ce que vous faites sont en harmonie”. Cet état qu’on appelle congruence est une clef essentielle de notre sérénité intérieure et du développement de l’estime de soi.

Seulement, avez-vous déjà remarqué que quoi que vous fassiez, votre cerveau, ce formidable outil, aligne toujours vos pensées, vos actes et vos paroles ?

Et pour autant, avez-vous l’impression de vivre dans un état constant de bonheur ?

… Amère déception… il semblerait bien que “l’homme ne soit pas un être rationnel, mais un être rationalisant”. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Léon FESTINGER et sa théorie de la dissonance cognitive (1957).

L’idée est la suivante : votre cerveau est un super ami qui vous veut du bien et pour cela, il met en adéquation, d’une façon ou d’une autre, ce que vous voulez vivre avec ce que vous vivez en réalité. Alors quand vos comportements ne sont pas en accord avec vos croyances ou vos valeurs, votre cerveau crée des (jolies) histoires (qui font du bien) que vous vous racontez à vous-même et que vous racontez aux autres pour garder une certaine consistance. Et cette histoire devient votre réalité. Pratique, non?

Ce qui va être déterminant pour entretenir votre motivation durable et donner du sens à ce que vous faites est de prendre conscience des histoires que vous vous racontez et de pouvoir identifier si elles sont cohérentes avec vos valeurs fondamentales (c’est-à-dire les fondements de ce qui fait que vous êtes Vous).

Que deviennent nos valeurs quand nous ne sommes pas congruents : le piège de la dissonance cognitive

Nous sommes câblés pour conserver un équilibre entre les différents éléments de notre écosystème interne. Ainsi, quoi que nous fassions, nous cherchons à ce que nos pensées, nos paroles et nos actes (nos cognitions) soient cohérents les uns avec les autres.

Pour maintenir cet équilibre, vous allez rencontrer 3 types de relations entre vos cognitions :

  1. elles sont consonantes c’est-à-dire compatibles les unes avec les autres (ex : j’aime fumer + je fume) – SUPER !
  2. elles sont neutres c’est-à-dire sans rapport les unes avec les autres (ex : je fume + j’aime le chocolat) – AUCUN SOUCI !
  3. elles sont dissonantes c’est-à-dire incompatibles les unes avec les autres (ex : je fume + je sais que fumer tue + faire attention à ma santé est important pour moi) – AÏE !

C’est quand vous êtes dans le 3ème cas de figure que ça pique : vous ressentez une tension intérieure, un inconfort appelé “dissonance cognitive”. Et à moins que vous ne soyez masochiste, votre cerveau va tout faire pour vous sortir de cet inconfort.

Quand vous vivez une dissonance cognitive, vous avez le choix : changer votre comportement ou changer votre attitude face à ce comportement.

Vous accepterez facilement qu’il est plus simple de changer son attitude face un comportement plutôt que le comportement lui-même. Et bien souvent, nous faisons ce choix de la facilité, pour de multiples raisons, c’est-à-dire que nous arrangeons notre discours intérieur pour coller à un comportement contraire à nos valeurs (on le fait tous, nul besoin de se flageller). Notre cerveau nous offre alors 3 stratégies pour justifier ce choix :

  1. La trivialisation : vous allez dévaloriser ce que vous avez fait, diminuer son importance. (ex : une cigarette de temps en temps, ce n’est pas si grave – ce n’est pas comme si je me remettais à fumer un paquet par jour)
  2. Le support social : vous allez chercher à vous entourer de personnes qui vont partager votre point de vue (ex : sympathiser, côtoyer des fumeurs) et éviter celles qui pourraient le menacer.
  3. La rationalisation : vous allez ajouter des pensées cohérentes à votre acte, de façon à justifier votre choix (ex: faut bien mourir de quelque chose, ce n’est pas sûr que je meure de la cigarette, tonton n’a jamais fumé et il est mort d’un cancer des poumons à 41 ans alors que mamie avec ses 2 paquets par jour et son whisky pète encore la forme à 96 ans, ça ne tue pas à tous les coups…)

Dans ces moments-là, nous choisissons le confort plutôt que le courage, la facilité plutôt que l’effort. Et pourtant, si vous voulez avancer vers la personne que vous voulez être et la vie que vous voulez vivre, il va être indispensable d’aligner vos comportements sur vos valeurs fondamentales, sur ce qui définit votre identité profonde.

Comment faire pour rester aligné(e) sur vos valeurs fondamentales ?

“L’une des raisons pour lesquelles nous roulons tous des yeux quand quelqu’un nous parle de valeurs, c’est parce que nombreux sont ceux qui en parlent mais peu sont ceux qui les mettent en pratique” B. Brown

Pour gérer quelque chose, il faut déjà pouvoir le nommer. Le travail va commencer par mettre des mots sur ce qui constitue le cœur de votre identité. Cela demande un travail d’observation de soi que la plupart d’entre nous n’a jamais pris le temps de faire et je vous propose justement d’initier (ou d’approfondir) ce travail grâce à un exercice créé par Brené Brown.

Ce que va vous apporter cette approche, c’est que vous allez faire plus qu’affirmer avoir des valeurs, vous les mettrez en pratique, vous les incarnerez. Vous serez au clair sur ce que vous pensez être important et vous pourrez prendre soin de l’alignement de vos intentions, pensées, paroles, et comportements avec ces valeurs.

Être aligné sur vos valeurs fondamentales dans votre vie quotidienne demandera du courage et en même temps, c’est incarner ces valeurs qui feront de vous une personne qui ose être courageuse. (Qui de l’œuf ou de la poule me direz-vous… Les 2 en parallèle mon capitaine ! ). 

Elles vous permettront de :

  • trouver votre chemin quand vous êtes dans le noir,
  • rester droit dans vos bottes” quand vous prendrez un risque, ferez face à l’incertitude ou que vous vous ouvrirez émotionnellement
  • donner du sens à ce que vous vivez
  • devenir une personne que vous pouvez estimer, dont vous pouvez être fier.

Donner corps à vos valeurs fondamentales, c’est ce qui vous permettra de choisir le courage plutôt que le confort quand votre cerveau criera “DISSONANCE”. Ce sont elles qui vous feront choisir le comportement juste plutôt que de la jolie histoire…

Partez à la découverte de vos valeurs fondamentales

  1. Nommez vos 2 valeurs fondamentales : Replongez vous dans une (ou plusieurs) situation(s) difficile(s) émotionnellement (vraiment difficile – une situation que vous avez vécue comme une véritable épreuve) et dont vous êtes sorti en étant fier de vous, en vous disant “je suis resté droit dans mes bottes et pourtant tout dans mon corps et ma tête me disaient de fuir ou de lutter” et essayez d’extraire ce qui était vraiment important pour vous à ce moment-là. Qu’est ce qui vous a fait tenir ?
  2. Vérifiez que ce sont bien vos 2 piliers majeurs : cette valeur me définit-elle vraiment ? Est-ce que c’est ce filtre que j’utilise pour prendre mes décisions difficiles ?
  3. Pour chacune de vos valeurs, identifiez 3 comportements que vous adoptez et qui vous permettent de vivre en accord avec cette valeur.
  4. Que ressentez-vous quand vivez selon votre valeur ? Nommez vos émotions et localisez-les dans votre corps.
  5. Pour chacune de vos valeurs, identifiez 3 comportements que vous adoptez et qui vous éloignent de votre valeur ?
  6. Quels sont les signes qui vous font savoir que vous vous éloignez de votre valeur ? Pensées, émotions, comportements…

C’est un exercice qui peut être confrontant si vous le faites sérieusement, donc ne soyez pas étonné(e) si vous n’y arrivez pas du premier coup 😉

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